Saturday, January 08, 2005

L'Europe

En attendant d'arriver à poster depuis mon Palm et après avoir monté le son de mon Winamp en utilisant mon téléphone comme télécommande (http://www.lim.com.au/PuppetMaster/), je continue à consacrer du temps à des choses aussi lo-tech que lire "L'art du roman" de Kundera, qui contient beaucup de choses brillantes, notamment ceci :
"Europe : au Moyen-Âge, l'unité européenne reposait sur la religion commune. À l'époque des Temps Modernes, elle céda la place à la culture (à la création culturelle), qui devint la réalisation des valeurs suprêmes par lesquelles les Européens se reconnaissaient, se définissaient, s'identifiaient. Or, aujourd'hui, la culture cède à son tour la place. Mais à quoi et à qui ? Quel est le domaine où se réaliseront des valeurs suprêmes susceptibles d'unir l'Europe ? Les exploits techniques ? Le marché ? La politique avec l'idéal de démocratie, avec le principe de tolérance ? Mais cette tolérance, si elle ne protège plus aucune création riche ni aucune pensée forte, ne devient-elle pas vide et inutile ? Ou bien peut-on comprendre la démission de la culture comme une sorte de délivrance à laquelle il faut s'abandonner avec euphorie ? Je n'en sais rien. Je crois seulement savoir que la culture a déjà cédé la place. Ainsi, l'image de l'identité européenne s'éloigne dans le passé. Européen : celui qui a la nostalgie de l'Europe."

Monday, January 03, 2005

Amen Andrews – Fast & bulbous

En continuant à explorer les faces B, on découvre que le dernier titre du premier volume d’Amen Andrews (aka le nouveau pseudo de Luke Vibert) vaut la descente : surgissant après un essai de revival jungle franchement pas convaincant, le mélange des chœurs (d’église ?) avec les rythmiques saccadées, à la fois simple et classique mais efficace, tourne à merveille, et sert de base à de nouvelles explorations sonores. Ne reste plus donc qu’à espérer que le reste de la série de maxis soit du niveau de ce seul titre…

El-P – Sunrise over Brooklyn

Entre deux productions Def Jux bien carrées et ballistiques, El-P se fait plaisir aussi avec cette espèce de chose jazzifiante qui progresse en crabe, tire un maximum de longs passages de saxophone ou de piano, finit par donner une nouvelle vision, cohérente et passionnante, de ce qu’un jazz fusion électronique pourrait être, et accessoirement un morceau parfaitement titré…

Frog Pocket – Fir faas

Parmi les olibrii signés chez Planet Mu, on évitera d’éviter l’Écossais de Frog Pocket, qui non seulement sort de très bons albums (Moon Mountain of the Fords) mais balance aussi ce genre de perles au hasard des 45 tours : musique électronique mais ne ressemblant à rien de ce qu’on entend habituellement par là, sorte de chose mélodique, stellaire, comme pourrait en jouer un robot médiéval sur la Lune, et je me rends compte que ce genre de description ne doit pas beaucoup aider. Tant pis.

Flowchart – Rainbow hello

Flowchart, c’est pour ça qu’on les aime : au milieu d’une production pléthorique et d’un intérêt très moyen, guitares brouillonnes et nappes trop flottantes, l’explorateur patient trouve parfois au fond de son tamis sur ce genre de petit joyau, régurgitation violente et d’autant plus drôle de ces influences shoegazing mal digérées, voix directement pompées sur du MBV mais gimmick facile et drôle qui vient illuminer le tout et du coup, on prend plaisir à l’ensemble.

Deep Puddle Dynamics & Anticon – We ain’t fessin’

Autant le son de ces groupes peut lasser un peu sur la durée, autant servi ainsi, en maxi, on atteint le format idéal, des morceaux de hip-hop qui se rêvent instrumentaux, qui s’étirent sans s’étaler, se construisent, passent du coq-à-l’âne si ça leur chante, jouent la carte de la confession paranoïaque (More from June) ou intime, juxtaposent des rythmiques plutôt lourdes (et qui jouent avec succès du coup des rythmiques en balles de ping-pong) avec des boucles planantes, envoient les voix en stéréo, s’offrent des faux départs flamboyants (We ain’t fessin’)…